Une étude de l'unversité de Yale, récapitulant 30 ans de recherche sur l'impact de la télévision, de la musique, des films et des autres médias sur les enfants, conclue que cet impact est négatif sur la santé. L'étude montre une forte corrélation entre l'exposition aux média et les problèmes d'obésité infantile et de consommation de tabac. Le comportement sexuel des enfants serait également très étroitement corrélé à ce qu'ils regardent.
Il s'agissait en fait d'une méta-étude, synthétisant 173 recherches précédentes, depuis 1980. Toutes les conclusions ont été analysées, pondérées puis compilées. Environ 80% de ces études trouvent un lien direct entre la consommation médiatique et une mauvaise santé. "Il faudra bien qu'un jour ou l'autre, nous prenions en compte le résultat de ces études dans nos politiques, ou dans notre façon d'éduquer les enfants", commente Ezekiel J. Emanuel, directeur du Department of Bioethics at the National Institutes of Health. "On a tous tendance à penser que les média ne sont pas un problème de santé publique, alors qu'ils le sont".
Un enfant moderne "moyen" passe environ 45 heures par semaine devant : une télévision, les films, les magazines, la musique, l'internet, les téléphones et les jeux vidéo, selon l'étude. En comparaison, les enfants passent en moyenne 17 heures par semaine avec leurs parents et 30 heures à l'école. "Nos enfants sont des éponges, et nous devons nous rappeler qu'ils apprennent avant tout à partir de leur environnement", selon le co-auteur de l'étude, le professeur de médecine Cary P. Gross. Le nombre d'heures d'écran, brut, n'est pas seul en cause ; les enfants "reprennent les traits et les comportements" de ce qu'ils voient ou entendent.
Cependant cette méta-étude ne s'est pas attachée à analyser l'impact de la violence médiatique, ni de la publicité et du marketing. La plupart des recherches se concentrent sur les films, la musique et la télévision ; selon les chercheurs, les études concernant l'internet, les téléphones portables, le networking et les jeux vidéos sont encore très peu nombreuses.
Les chercheurs indiquent cependant que "corrélation" n'est pas synonyme de "relation de cause à effet", que la censure n'est pas une solution et que différentes études ont montré le rôle positif que pouvait avoir internet chez les adolescents.




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