Dr Elaine Vickers, directrice de recherche à Asthma UK, commente : "Cela confirme qu'une exposition précoce à des allergènes potentiels permet de réduire le risque de développement de l'asthme. Cela dit, les causes de l'asthme sont encore largement inconnues et les processus de son développement sont extrèmement compliqués, incluant l'histoire familiale, l'environnement et le style de vie"
D'après une étude néo-zélandaise publiée cette semaine dans l'European Respiratory Journal et citée par le Figaro, les enfants "dont les mères ont vécu au contact des animaux de ferme pendant leur grossesse ont moitié moins de risque de souffrir d'eczéma et d'asthme que ceux dont la maman est restée en zone urbaine pendant la gestation". L'étude a porté sur 1377 enfants agés de 5 à 17 ans, dont les mères vivaient dans une ferme, au contact des animaux domestiques, pendant la grossesse. Ces enfants ont été comparés à un autre groupe de 566 enfants, dont la gestation s'est faite en milieu urbain. Le résultat est assez tranché, puisque les enfants du premier groupe sont beaucoup moins touchés par l'asthme et à l'eczéma : ils ont 50% de chance en moins de développer ces affections. "L'étude fait apparaître également que le risque est d'autant plus faible que l'enfant continue à vivre au contact d'animaux domestiques".
Ce n'est pas la première fois qu'une étude de ce type est menée : les chercheurs de l'Inserm avaient déjà établi que "le fait d'avoir vécu dans une ferme pendant l'enfance était un facteur très nettement protecteur contre l'allergie en général et l'asthme en particulier". La nouveauté dans cette étude est qu'elle a été faite, si l'on peut dire, in utero : elle conforte l'hypothèse "décriée et a priori choquante que l'excès d'hygiène puisse être un facteur de risque". Les auteurs de l'étude restent cependant prudents sur les conclusions et n'ébauchent que des hypothèses sur les facteurs d'un tel résultat. S'il semble bien que le contact précoce des enfants avec certaines bactéries animales "inhiberait le développement de certaines cellules immunitaires responsables de différentes manifestations allergiques", les chercheurs n'incitent pas pour autant les femmes enceintes à partir pour la ferme sans distinction, en relevant que d'autres bactéries animales sont facteurs de fausses couches.
J'ajoute un nota bene : attention, cette étude a été réalisée en Nouvelle Zélande, pas en France ! Il y aurait d'autres risques pour les enfants d'agriculteurs dans les campagnes françaises, à cause des engrais/pesticides.
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