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L'informatique aurait une influence positive sur la scolarité

Par Patrick • Actualités • Jeudi 27/11/2008 • 0 commentaires  • Lu 925 fois • Version imprimable

La revue de recherche en éducation Spirale a publié un article de Jean Heutte concernant l’influence de l’informatique sur les résultats scolaires. C’est très intéressant. L’étude a porté sur 131 élèves de CM2, âgés en moyenne d’une dizaine d’années, dans l’académie de Lille. L’une des questions posées était de savoir si l’apprentissage par lien hypertexte n’avait pas quelques effets secondaires, le risque se situant « dans la surcharge cognitive et la désorientation du lecteur", l'éducation utilisant internet devenant alors "un phénomène de picorage et de déambulation dans des informations, qui même si elles sont pertinentes, n’apporteront aucune valeur ajoutée pédagogique ». L’étude a partagé son échantillon d’enfants en 4 groupes, selon le support (papier ou électronique) et selon le format des textes présentés (linéaire ou hypertexte). L’étude faisait le distinguo entre les « habitués » des TIC et les « non habitués ».

 
Résultat n° 1 : Les élèves habitués à l’usage de l’outil informatique réussissent significativement un meilleur apprentissage à long terme, et ce, indépendamment du type de support. Pour tous les élèves, qu’ils soient habitués ou non à l’usage de l’outil informatique, l’apprentissage est toujours meilleur à partir d’un document présenté sur un support papier que sur un support électronique. Il n’en reste pas moins que les élèves habitués à l’usage de l’outil informatique réussissent significativement un meilleur apprentissage à long terme et ce, indépendamment du type de support
 
Résultat n° 2 : Les élèves habitués à l’usage de l’outil informatique ont une meilleure qualité de lecture. La vitesse de lecture des documents au format hypertexte acquise par les élèves habitués à l’usage de l’outil informatique est impressionnante (vitesse de lecture augmentée de près de 30 %). Ils comprennent plus vite et mieux ce qu’ils lisent. Cette vitesse de lecture n’est pas préjudiciable aux performances, il s’agit réellement d’un nouveau mode de lecture sélective.
 
Résultat n° 3 : Les connaissances scolaires ont significativement progressé au cours du cycle 3 de l’école primaire pour les élèves habitués à l’usage de l’outil informatique. Notamment, la progression des élèves faibles ayant bénéficié d’un environnement informatisé est remarquable. L’amélioration du niveau scolaire des élèves est significative dans tous les domaines du français, mais également (dans une moindre mesure) des mathématiques.
 
Résultat n°4 : le plus intéressant certainement, je vous le livre in extenso ; selon les auteurs, c’est dans l’Écrire (encore plus que dans le Lire) que les outils numériques « révolutionnent les activités intellectuelles : dans la mesure où ils mettent à disposition de l’élève des outils simples et performants pour qu’il objective du mieux qu’il peut, sa pensée. En permettant, par exemple, de dissocier les difficultés liées à la production écrite de celles liées à la calligraphie, ces outils facilitent la révision de texte (réécriture, reformulation), tout en permettant à l’élève d’avoir un travail toujours propre (ce qui est très valorisant et surtout facilite la relecture). Véritable « pâte à penser par écrit », les outils de production numérique permettent de « modeler » les concepts (de reformuler les connaissances avec ses propres mots, ce qui est vraisemblablement le meilleur indicateur de la construction d’un savoir), en affinant progressivement par tâtonnement (essais-erreurs), d’en tester la pertinence auprès des autres (pairs et/ou experts), en n’ayant plus l’angoisse de devoir recopier l’intégralité du texte à chaque révision. L’indispensable fonction « Enregistrer sous… » renforce avec merveille le pouvoir penser par écrit, si cher à Voltaire (1765), elle permet de garder toutes les étapes de cette construction, d’en conserver la chronologie. Cela donne la mobilité psychique et mentale de faire des choix dialectiques : il sera possible à tout moment de faire machine arrière pour repartir dans une autre direction, à partir d’une étape précédente. Cela multiplie les occasions de toujours mieux apprendre et surtout de mieux se faire comprendre : si apprendre est rarement une partie de plaisir, comprendre (faire comprendre, être compris…) peut être totalement jubilatoire ». 
 
Voilà... avec ça on aura meilleure conscience à laisser le fiston sur l’ordinateur ;-)

 
 

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